À la découverte des femmes entrepreneurs de RDC : entre nécessité et ambition

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Un article paru sur le site de la banque mondiale résume les réalités de l’entrepreunariat féminin en RDC. Il est important de bien cerner ces réalités pour mettre en place des mesures différenciées qui pourront répondre de manière efficace aux besoins de ces femmes.

Les points à retenir:

  • Il faut distinguer en RDC deux catégories de femmes entrepreneurs : celles qui le sont par nécessité et celles qui souhaitent développer leur activité.
  • Les difficultés d’accès à des financements, le manque de services d’accompagnement, une réglementation inadaptée, les préjugés sociaux, de lourdes responsabilités familiales et un faible niveau d’instruction sont les principaux obstacles à l’entrepreneuriat féminin.
  • Des réformes axées sur l’égalité entre les sexes, l’essor du crédit-bail et une nouvelle génération de programmes de formation ciblés peuvent créer un environnement dynamique et propice à l’entrepreneuriat féminin dans le pays.

Pour lire l’article en entier   What does it mean to be a woman entrepreneur in the DRC 

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Chimamanda exhorts us to all be feminists

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Few months ago, I had an altercation with a male colleague on gender issues. Basically he justified our patriarchal society by the Holy Scriptures prescriptions:

 

Ephesians 5

22 Wives, submit to your husbands as to the Lord. 

23For the husband is the head of the wife as Christ is the head of the church, his body, of which he is the Saviour. 

24 Now as the church submits to Christ, so also wives should submit to their husbands in everything.

To be fair with him, he did not stop the quote there and added these two verses:

Ephesians 5

25Husbands, love your wives, just as Christ loved the church and gave himself up for her

28In this same way, husbands ought to love their wives as their own bodies. He who loves his wife loves himself.

It is difficult to engage a constructive discussion with someone who refuses any contextualization of the biblical text.

Few days ago, while reading this passage of the short essay from Chimamanda Ngozi Adichie on feminism, We should all be feminists, I recalled the incident.

Some people will say a woman is subordinate to men because it’s our culture. (…) Culture does not make people. People make culture. If it is true that the full humanity of women is not our culture, then we can and must make it our culture.

The point made by Chimamanda has a particular resonance in our Congolese context, where religion, cultural specificities are regularly opposed to gender equality.

Many other important points are made in this essay:

  • Education

We do a great disservice to boys in how we raise them (…) We define masculinity in a very narrow way (…) If we start raising children differently, then in fifty, hundred years, boys will no longer have the pressure of providing their masculinity by material means (…) But by far the worst thing we do to males is that we leave them with very fragile egos.

(…) We do a much greater disservice to girls, because we raise them to cater to the fragile egos of males.

or

  • Relevancy of feminism

(…)To use the vague expression Human rights [instead of feminism] is to deny the specific and particular problem of gender(…)

I will definitely offer this short but so necessary essay to my colleague because after all “We should all be feminists”

The essay « We should all be feminists » has been adapted from the Ted Talk here

D’une agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale: défis et opportunités…#1

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Kapulwa est un village niché dans la vallée de la Lufira, district du Haut-Katanga. Sa population s’adonne essentiellement à une agriculture de subsistance et les femmes occupent une place prépondérante dans cette activité. Les infrastructures sont inexistantes et l’analphabétisme est généralisé. La conjugaison de ces éléments contribue à la vulnérabilité des paysans et à leur maintien dans une situation de misère.

Dans ce contexte, des pratiques peu scrupuleuses se développent et contribuent à déposséder les paysans de toute marge générée par leurs activités.

Par exemple, les intermédiaires pullulent, fixent les prix et vont même jusqu’à se munir de paniers ou seaux à la contenance exagérément augmentée par l’un ou l’autre subterfuge (seaux bouillis avec des pierres ou paniers particulièrement distendus) achetant ainsi à prix bradé le fruit du dur labeur des paysans. Ou encore, les « market queens » qui achètent la gratitude des paysans grâce à des menus cadeaux (gobelets, pagnes, voyage dans la grande ville etc.) et de cette façon s’assurent l’exclusivité de la récolte à un prix dérisoire.

Pour passer d’une agriculture de subsistance à une activité économique qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des paysans de Kapulwa et l’obtention de gains de productivité, il convient d’assurer des débouchés à la production agricole, de diversifier les sources de revenus et de promouvoir l’éducation.

Droit des femmes en RDC: du nouveau …

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Fin mars 2014, le Senat a jugé recevable le projet de loi modifiant le code de la famille. Ce projet de loi qui prévoit entre autres, la suppression de l’autorisation maritale, a pour ambition de consacrer la pleine capacité juridique de la femme et ainsi lutter contre les discriminations dont elle peut faire l’objet. Le projet comporte également un volet sur les droits des enfants et le renforcement de leur protection.

Il s’agit d’un pas dans la bonne direction que nous saluons et encourageons.

Communiqué de Presse, Primature RDC, Avril 2014.

 

 

De la richesse d’une Nation…

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Ce blog est ouvert depuis près de 6 mois, il est plus que temps de vous en dire un peu plus sur notre projet et notre vision.

La RDC compte plus de 70% de sa population en milieu rural. L’agriculture y représente un secteur clé et ce même dans la région minière du Katanga.

75%[1] de la main d’œuvre agricole katangaise est féminine. Les femmes sont particulièrement vulnérables dans cette société qui leur oppose des coutumes rétrogrades et avilissantes, et leur dénie les droits élémentaires tels l’accession au foncier, à l’éducation ou encore au crédit. Toutes considérations partisanes mises à part, cantonner à un rôle de second couteau la moitié la plus productive de la société équivaut à se tirer une balle dans le pied à l’entame d’une course d’obstacles. A contrario, investir dans l’amélioration de la condition de la femme engendre une amélioration au moins proportionnelle de la situation socio-économique de la cellule familiale et par ricochet de l’ensemble de la société.

Notre action se situe donc naturellement en milieu rural, se concentre sur l’émancipation socio-économique des femmes et s’articule autour des activités agricoles.

L’objectif est ambitieux pour les 10 ans à venir: faire évoluer le petit village de Kapulwa d’une agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale capable d’assurer la sécurité alimentaire des participants au projet et leurs dépendants et surtout de leur donner les moyens de se sortir de leur condition d’extrême pauvreté.

Ce projet est porté par Sud-Ouest Développement (SOD), résultat de la structuration des associations informelles de la localité,  et est soutenue par la ferme Safari International. Cette dernière met à disposition des membres de SOD, sous forme de prêts en nature, les ressources indispensables au démarrage d’une activité génératrice de revenus (intrants, terres, appui technique, etc). La ferme Safari assure, également, un débouché aux productions des paysans.

Parallèlement, des caisses de proximité ont vu le jour permettant l’épargne et les micro-crédits. Les prêts vont de US $20 (généralement le montant nécessaire à la création d’un petit commerce) à US $400 ( qui représente l’investissement  pour la culture d’1 Ha de manioc). Ces caisses sont alimentées par les cotisations des paysans et, le temps d’atteindre l’autosuffisance économique, par des dons.

SOD a fait du chemin depuis sa création. Le chemin est jalonné d’obstacles. Le plus mémorable, à ce jour, étant sans doute la perte, en 2006, de la moitié de la production d’oignons rappelant l’importance d’infrastructures adéquates de stockage et de conservation des récoltes. Mais nous avons également enregistré de belles réalisations ces dernières années. La plus emblématique étant la création d’un centre d’alphabétisation et de formation ouvrant des perspectives nouvelles à une population auparavant complètement enclavée physiquement et intellectuellement.

La route est encore longue et sinueuse mais l’objectif vaut, incontestablement, le voyage.

Le capital humain est la richesse première de notre Nation. En concentrant nos efforts sur les femmes, nous investissons sur la société toute entière par capillarité. Notre ambition première est de renforcer la confiance en soi de ces femmes. Rassurées sur leurs capacités et leurs potentiels, elles seront animées du désir d’apprendre et d’entreprendre pour se réaliser, faire prospérer leurs activités et ainsi leurs familles et la collectivité.

[1] Gender inequality in access to land and its consequences for rural people in Katanga province, FAO.