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Ce blog est ouvert depuis près de 6 mois, il est plus que temps de vous en dire un peu plus sur notre projet et notre vision.

La RDC compte plus de 70% de sa population en milieu rural. L’agriculture y représente un secteur clé et ce même dans la région minière du Katanga.

75%[1] de la main d’œuvre agricole katangaise est féminine. Les femmes sont particulièrement vulnérables dans cette société qui leur oppose des coutumes rétrogrades et avilissantes, et leur dénie les droits élémentaires tels l’accession au foncier, à l’éducation ou encore au crédit. Toutes considérations partisanes mises à part, cantonner à un rôle de second couteau la moitié la plus productive de la société équivaut à se tirer une balle dans le pied à l’entame d’une course d’obstacles. A contrario, investir dans l’amélioration de la condition de la femme engendre une amélioration au moins proportionnelle de la situation socio-économique de la cellule familiale et par ricochet de l’ensemble de la société.

Notre action se situe donc naturellement en milieu rural, se concentre sur l’émancipation socio-économique des femmes et s’articule autour des activités agricoles.

L’objectif est ambitieux pour les 10 ans à venir: faire évoluer le petit village de Kapulwa d’une agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale capable d’assurer la sécurité alimentaire des participants au projet et leurs dépendants et surtout de leur donner les moyens de se sortir de leur condition d’extrême pauvreté.

Ce projet est porté par Sud-Ouest Développement (SOD), résultat de la structuration des associations informelles de la localité,  et est soutenue par la ferme Safari International. Cette dernière met à disposition des membres de SOD, sous forme de prêts en nature, les ressources indispensables au démarrage d’une activité génératrice de revenus (intrants, terres, appui technique, etc). La ferme Safari assure, également, un débouché aux productions des paysans.

Parallèlement, des caisses de proximité ont vu le jour permettant l’épargne et les micro-crédits. Les prêts vont de US $20 (généralement le montant nécessaire à la création d’un petit commerce) à US $400 ( qui représente l’investissement  pour la culture d’1 Ha de manioc). Ces caisses sont alimentées par les cotisations des paysans et, le temps d’atteindre l’autosuffisance économique, par des dons.

SOD a fait du chemin depuis sa création. Le chemin est jalonné d’obstacles. Le plus mémorable, à ce jour, étant sans doute la perte, en 2006, de la moitié de la production d’oignons rappelant l’importance d’infrastructures adéquates de stockage et de conservation des récoltes. Mais nous avons également enregistré de belles réalisations ces dernières années. La plus emblématique étant la création d’un centre d’alphabétisation et de formation ouvrant des perspectives nouvelles à une population auparavant complètement enclavée physiquement et intellectuellement.

La route est encore longue et sinueuse mais l’objectif vaut, incontestablement, le voyage.

Le capital humain est la richesse première de notre Nation. En concentrant nos efforts sur les femmes, nous investissons sur la société toute entière par capillarité. Notre ambition première est de renforcer la confiance en soi de ces femmes. Rassurées sur leurs capacités et leurs potentiels, elles seront animées du désir d’apprendre et d’entreprendre pour se réaliser, faire prospérer leurs activités et ainsi leurs familles et la collectivité.

[1] Gender inequality in access to land and its consequences for rural people in Katanga province, FAO. 

 

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