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L’ONG SOD et la promotion du leadership féminin

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L’ONG SOD et la promotion du leadership féminin

Sujet de radio Okapi du 13/01/14 sur l’action de SOD auprès des femmes.

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Gender equality is enshrined in the Constitution but wide gender disparities remain

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DRC has ratified most of the international conventions on the advancement of women’s rights, in particular, the Convention on the Elimination of all types of Discrimination against Women (CEDAW). In April 2011, a bill on gender parity was approved by Parliament. Nevertheless, despite these strides, the DRC Family Code still discriminates against women. This limits women’s economic and social opportunities as shown in the country’s gender inequality index score of 0.681 that ranks it 144th out of 148 countries according to the UNDP 2013 Human Development Report. The primary gross enrollment ratio for girls is 87% compared to a national average of 93.7%. Thus the objective of parity in primary and secondary education by 2015 will not be achieved. Moreover, women are more affected by illiteracy, which concerns 41.4 % among them, compared to 14.8% for men. Despite the adoption of the national action plan to implement United Nations Resolution 1325 on Women, Peace and Security, and a National Strategy to Eliminate Gender-Based Violence, DRC still has one of the highest rates of sexual violence in the world. On the economic front, significant inequalities remain in terms of employment where the proportion of women occupying salaried positions in the formal sector averages 30%. On the political front, women’s representation remains low since less than 20% of members of the current parliament are women and there are only 5 women among the 36 members of Government. 

DRC 2013-2017 Country Strategy Paper, Afdb – Regional Department Center (ORCE/CDFO), June 2013

Droit de la femme en RDC #4

Kelly Raïssa termine avec ce post la série sur le droit de la femme en RDC ….

La femme se trouve discriminée au niveau du code de la famille comme décrit dans le précédent post mais malheureusement à de nombreux autres égards: au niveau du travail, de l’éducation, des droits politiques et socio-économiques…

Le droit au travail :

Le droit à l’emploi est constitutionnellement reconnu pour tous les citoyens. Mais les femmes Congolaises constituent seulement 2,8% d’emplois ou activités rémunérés par l’Etat contre 12% d’hommes. Les femmes ont peu d’opportunités, elles sont sous représentées dans le travail formel.

La RDC a plusieurs législations internationales et nationales sur les droits socio-économiques des femmes. Néanmoins, la situation socio-économique actuelle de la RDC est caractérisée par la féminisation de la pauvreté.

Il est vrai que les femmes ont un faible pouvoir économique, ceci en raison de la pauvreté, du manque d’accès aux terrains, de propriété immobilière, d’accès aux nouvelles technologies ; de leur marginalisation dans le secteur micro-économique ainsi que l’insécurité dans les régions rurales après les conflits armés. Cependant, elles jouent un véritable rôle dans le développement. Grâce à leurs petites et moyennes activités générant des revenus, elles contribuent de façon significative à la survie de leurs familles.

Les droits politiques :

La législation congolaise protège les droits politiques des femmes et déclare qu’elles ont le droit à une représentation équitable dans les institutions nationales, provinciales et locales. De plus, la loi sur la parité a été établie dans la Constitution en 2006.

La République Démocratique du Congo a adopté la Déclaration solennelle sur l’Egalité entre les sexes en Afrique ainsi que la Résolution 1325 des Nations Unies. Par conséquent, l’Etat devrait laisser de l’espace à la participation des femmes, à leur représentation dans la prévention de conflits, à la construction et à la consolidation de la paix, à la reconstruction du pays. Cependant, lors de l’adoption de la loi électorale (entrée en vigueur le 9 mars 2006), la législation Congolaise a adopté une disposition contradictoire qui permet aux partis politiques de ne pas garantir la représentation des femmes dans leurs listes de candidats aux élections.

L’intégrité physique :

La RDC doit veiller à la protection physique de tous les citoyens congolais, les femmes étant bien évidemment inclues. L’article 15 de la Constitution déclare que les autorités veilleront à l’élimination de n’importe quelle forme de violence sexuelle utilisée comme une arme de déstabilisation ou de dislocation de la famille.

Mais la violence contre les femmes est largement répandue, particulièrement la violence dans la famille et la violence sexuelle avec notamment le viol dans le mariage.

Les lois qui protègent l’intégrité physique des femmes en RDC sont rarement mises en œuvre. L’ignorance de la loi, la distance géographique et le manque de ressources financières pour faciliter l’accès à la justice ainsi que la peur des représailles peuvent expliquer cela. Il faudrait une large diffusion de la loi sur les violences sexuelles et une sensibilisation à celle-ci afin de lui donner un effet utile.

Les droits à la propriété :

Conformément à la loi, le droit aux terres ou concessions peut être donné aux hommes et aux femmes sans distinction mais les attitudes traditionnelles et coutumières établissant une discrimination contre les femmes sont très courantes.

Les femmes mariées n’ont pas juridiquement de droits à la propriété ou aux terrains car tout est administré par leurs maris. Elles ne peuvent pas signer d’actes juridiques sans l’autorisation légale de leurs maris, elles n’ont pratiquement aucun accès aux emprunts bancaires et aux comptes bancaires. Au contraire, les femmes célibataires et femmes mariées riches ont accès aux emprunts et aux comptes bancaires. Mais il y a très peu de sanctions quand les femmes mariées enfreignent cette loi.

En conclusion, la condition de la femme aujourd’hui en RDC est absolument  déplorable, elle se trouve discriminée du fait de textes de lois, de pratiques ou est réduite au rôle de victime expiatoire d’une guerre interminable qui déchire le pays et ébranle ses structures physiques et morales. Nous pensons que dans cette lutte pour faire valoir les droits des femmes, leur donner ou redonner leur juste place dans la société, faire reconnaitre le rôle absolument fondamental que celles-ci jouent dans le processus de structuration d’une Nation et le développement d’un pays, il est important de commencer par l’informer, l’éduquer. On espère que cette série aura humblement contribué à cet objectif.

Pour plus d’information voir:

[1] Rosalie Malu MUSWAMBA « Le travail des femmes en République démocratique du Congo: Exploitation ou promesse d’autonomie? » (Mars, 2006)

[2] Annie Matundu Mbambi et Marie-Claire Faray-Kele « L’INÉGALITÉ DU GENRE ET LES INSTITUTIONS SOCIALES EN R.D.CONGO » (Avr. – Dec., 2010)

Droit de la femme en RDC #3

Après avoir évoqué le statut juridique de la femme dans la société traditionnelle et son évolution pendant la colonisation, Kelly Raïssa va aborder, dans ce post et dans le suivant, la situation actuelle…

Le Congo indépendant a proclamé l’égalité de tous les Congolais devant la loi dans sa constitution de 1964. La constitution de 1967 qui reprenait ces dispositions déclarait que les femmes étaient désormais électrices et éligibles.

Les autorités ont pris des mesures pour promouvoir les femmes et la défense de leurs droits, comme la nomination d’une femme ministre en 1966 ou l’intégration des femmes au sein des forces armées. En 1975, année internationale de la femme, l’effort d’insertion des Congolaises dans la plupart des institutions se mit véritablement en place. Dans le monde du travail, le plus grand syndicat du pays (l’Union Nationale des Travailleurs Zaïrois) avait créé dans la même période un bureau chargé des questions féminines. Le Secrétariat permanent de la Condition féminine fut créé en 1980 et c’est l’ancêtre de l’actuel ministère de la Condition féminine et Famille.

Edicter des lois ne suffit pas pour voir disparaître toute discrimination sexuelle. Celles-ci doivent avoir un effet utile. Certaines dispositions légales atténuent les effets de la position de principe en faveur de l’égalité homme/femme. Aujourd’hui, l’image de la femme dans la culture congolaise est avant tout celle de la mère et de l’épouse. D’ailleurs, en 1975, année où l’on insista sur l’importance de la revalorisation du statut de la femme ainsi que de ses droits, les autorités zaïroises préfèrent parler de l’« année de la Mère » plutôt que de l’«année de la Femme ».

Le code de la famille:

Dans le code de la famille, aux articles 334 et 351, chaque Congolais, homme ou femme a le droit de se marier et de fonder une famille ; chaque époux doit donner librement son consentement personnel à cette union. Les époux ont les mêmes droits et obligations vis-à-vis de leurs enfants ; selon l’article 317 le père et la mère exercent l’autorité parentale (le colonisateur avait laissé l’autorité parentale au seul père dans l’ancien code).

Certains articles font du mari et de la femme des partenaires égaux mais d’autres dispositions soumettent la femme à son mari :

  • Selon l’article 444, l’homme est le chef du ménage, il doit protéger sa femme et celle-ci doit lui obéir;
  • Selon l’article 454, la femme doit suivre son mari là où ce dernier choisit de s’établir;
  • Selon l’article 448, la femme mariée ne peut pas signer de contrat, ouvrir un compte bancaire, voyager ou ester en justice sans l’autorisation de son époux sauf si : 1. elle intente une action en justice contre son époux, 2. son époux est absent ou subit une peine d’emprisonnement d’au moins six mois, 3. la femme dispose des biens d’une personne décédée.

La primauté du père est clairement établie s’il y a une différence d’opinion ou une dispute. Ces dispositions sont en contradiction avec l’article 15.1 de la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discriminations contre les Femmes (CEDEF/CEDAW) qui exige aux Etats qui l’ont ratifiée d’accorder l’égalité entre les femmes et les hommes devant la loi.

Si le mari est jugé absent  par une cour de justice ou s’il meurt, la femme doit partager les biens de la maison avec un des membres de la famille de son mari. Dans le cas des droits de la succession, l’article 758 donne un traitement de faveur aux enfants du défunt mais n’établit pas de discrimination entre les femmes et les hommes de la deuxième catégorie des héritiers.

L’âge minimal juridique pour le mariage est de 15 ans pour les femmes et 18 ans pour les hommes. Il n’est donc pas étonnant que les mariages précoces soient fréquents, particulièrement dans les régions rurales.

Si une femme mariée commet l’adultère, on lui donne juridiquement une peine plus sévère qu’un homme qui a commis l’adultère.

Par conséquent, la femme mariée perd certains attributs de la personne majeure du fait de son mariage. Un conseil de famille ou une décision du tribunal peut contrebalancer l’autorité du mari mais la femme dépend quand même du bon vouloir, soit du mari, soit la décision des deux instances précédemment citées dans la conduite de sa vie.

La femme est d’abord la mère nourricière, elle veille au bien-être de la famille. A côté des dispositions légales qui reconnaissent le principe de l’égalité des sexes, les femmes souffrent encore de pratiques discriminantes. En outre, la maternité ainsi que l’organisation de la vie familiale, la tenue du foyer reposent encore largement sur les épaules des femmes.

En ce qui concerne le droit au travail, le code du travail stipulait que l’engagement de la femme était limité par l’«opposition expresse du mari ». Le tribunal pouvait lever cette opposition « lorsque les circonstances ou l’équité le justifient ».

L’article 122 livre premier du Code civil stipule l’« La femme doit obtenir l’autorisation de son mari pour tous les actes juridiques dans lesquels à s’oblige à une prestation qu’elle doit effectuer en personne ». La nouvelle République a promulgué une nouvelle Constitution qui abroge la clause exigeant l’accord marital pour l’engagement professionnel d’une femme. Cependant, dans la vie courante, c’est l’ancien système qui s’applique. Dans la pratique, les chefs d’entreprises pour éviter l’opposition du mari, s’assurent de son accord avant toute procédure d’engagement d’une femme mariée. L’on constate donc que la pratique montre que la femme mariée est juridiquement subordonnée à son conjoint.

La femme mariée est considérée comme une mineure tandis que la femme majeure célibataire ou divorcée demeure capable conformément aux dispositions de l’article 23, livre III du Code civil selon lequel « Toute personne peut contracter si elle n’est pas déclarée incapable par la loi ».

Le principe général de la législation sociale congolaise réfute la discrimination basée sur le sexe : « A travail égal et rendement égal, l’homme et la femme ont les mêmes droits et les mêmes obligations. A conditions égales de travail, de qualification et de rendement, le salaire est égal pour tous les travailleurs, quels que soient leur origine, leur sexe et leur âge » (article 71). Mais dans la pratique, ce principe n’est malheureusement pas toujours respecté. Très souvent, une femme touche un salaire inférieur à celui de l’homme alors que ces derniers ont le même emploi, possèdent la même qualification ou la même formation et travaillent dans les mêmes conditions.

Les femmes congolaises ont réussi à faire inscrire des dispositions favorables au genre et à la parité dans l’article 14 de la Constitution congolaise promulguée le 18 février 2006.

« Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation.

[…] Ils prennent les mesures pour lutter contre toute formes de violence faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions. La loi fixe les modalités d’application de ces droits ».

Pour plus d’information voir:

[1] Rosalie Malu MUSWAMBA « Le travail des femmes en République démocratique du Congo: Exploitation ou promesse d’autonomie? » (Mars, 2006)

[2] Annie Matundu Mbambi et Marie-Claire Faray-Kele « L’INÉGALITÉ DU GENRE ET LES INSTITUTIONS SOCIALES EN R.D.CONGO » (Avr. – Dec., 2010)

Citation

By not letting women contribute…

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By not letting women contribute, we end up with lower living standards for everyone.
‘Daring the difference,’ as [Christine Lagarde] calls it—enabling women to participate on an equal footing with men—can be a global economic game-changer. We must let women succeed: for ourselves and for all the little girls—and boys—of the future.

Christine Lagarde, IMF Chief, Dumbley Lecture, 2014

Situation juridique de la femme en RDC #2

On a discuté précédemment de la situation de la femme dans la société traditionnelle, Kelly Raïssa va aujourd’hui nous entretenir du statut de la femme durant la période coloniale et les conséquences sur notre société aujourd’hui …

Sous la colonisation belge, les femmes ont été systématiquement écartées de la production moderne. Les colonisateurs se sont intéressés aux hommes dans tout ce qui a trait à l’économie moderne. Les raisons sont les suivantes :

  • La nature du travail demandé. C’étaient des travaux lourds (récolter le caoutchouc par exemple, construire une voie de chemin de fer, travailler dans l’extraction minière…). Pour les Européens, les hommes étaient des travailleurs plus efficaces que les femmes.
  • Ces travaux s’effectuaient en dehors de la communauté villageoise. Comme la femme avait des obligations familiales, elle était moins mobile que l’homme.
  • Aux 17e et 19e siècles, en Europe, le père devait assurer le bien-être matériel du foyer tandis que la mère avait en charge son organisation ainsi que l’éducation des enfants.

Avec l’introduction du droit écrit, l’administration coloniale avait juridiquement codifié la dépendance féminine. De ce fait, la femme avait besoin de l’autorisation de son mari pour accomplir tout acte juridique ou pour travailler. Cette disposition subsiste encore dans la loi congolaise.

L’industrie a d’abord travaillé avec une main-d’œuvre migrante. Mais elle a petit à petit cherché à fixer cette dernière dans les régions industrielles et a créé les « camps de travailleurs ». Dans cet environnement, la femme n’avait plus à assumer les travaux qu’elle faisait au village ; le salaire du mari devait assurer les revenus familiaux. Par conséquent, la femme se trouvait en plus grande dépendance matérielle vis-à-vis de son époux.

En ce qui concerne l’enseignement, l’administration coloniale voulait assurer un enseignement de masse pour la population congolaise, enseignement reposant surtout sur les travaux manuels et agricoles. Néanmoins, elle avait prévu de permettre à une petite minorité d’Africains de suivre une formation les destinant à la prêtrise, à l’enseignement élémentaire pour les indigènes ou à un poste subalterne dans l’administration ou l’entreprise privée. Dans le cas des filles, leur enseignement n’avait pour ambition que d’en faire de bonnes ménagères capables de tenir leur maison. Il y avait très peu de débouchés professionnels féminins. Les femmes étaient cantonnées dans les domaines de compétences qui leur étaient reconnus, que ce soit par les belges ou par les congolais : l’éducation, les soins ou la supervision des femmes et des enfants.

Cependant, dans les campagnes congolaises, les femmes ont continué à exercer leurs responsabilités. Il est vrai que leur éviction de l’économie moderne a constitué une délégitimisation de leur rôle de productrices mais elle n’a pas signifié la disparition de ce dernier.

Même dans les camps de travailleurs, lorsque les revenus de l’homme étaient insuffisants par rapport aux besoins des familles, les femmes ont su, soit cultiver un petit champ pris sur la brousse environnante, soit organiser des réseaux d’économie informelle.

Dans les anciennes sociétés congolaises et dans la société coloniale, la femme était donc sous tutelle masculine. Les colons ont essayé de délégitimer le travail féminin au Congo mais ils n’ont pas réussi à le faire disparaître. En faisant cela, ils ont fragilisé le statut de la femme en accentuant sa dépendance juridique et matérielle vis-à-vis des hommes de sa famille, spécialement son mari.

Pour plus d’information voir le document de l’historienne Rosalie Malu MUSWAMBA « Le travail des femmes en République démocratique du Congo: Exploitation ou promesse d’autonomie? » (Mars, 2006)

Situation juridique de la femme en RDC #1

Pour mieux comprendre les défis auxquels sont confrontés la femme en RDC, on a décidé d’inaugurer une petite série juridique dont l’objet est de vous brosser un portrait que l’on espère le plus correct possible de la situation juridique de la femme dans notre pays. Ceci est une contribution d’une de nos membres Kelly Raïssa….

Nous allons nous centrer sur trois périodes cruciales: la période de la société congolaise traditionnelle, celle de la colonisation et pour finir la période moderne.

Le présent article reprend la période de la société congolaise traditionnelle, les deux autres périodes seront couvertes dans les prochains articles.

Dans la société congolaise traditionnelle, la contribution économique et le travail des femmes s’avéraient indispensables. Comme activités, il y avait l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse et/ou la cueillette, l’artisanat, etc. Cependant, l’agriculture restait à la base de l’économie congolaise traditionnelle. Or l’agriculture constituait en quelque sorte le domaine d’action féminin par excellence. Il y avait une sorte de correspondance entre la fécondité de la terre et la fécondité de la femme.

Le travail faisait l’objet d’une division sexuelle assez marquée. Plusieurs raisons expliquaient cela : des raisons culturelles, religieuses ou des raisons de prestige… La femme ne faisait pas le travail de l’homme ni l’homme celui de la femme. Pour l’agriculture, l’homme s’occupait des travaux lourds (défrichage, préparation des terres) et la femme s’occupait du reste (semailles, entretien, récolte). A part cela, la totalité des tâches domestiques était assurée par la femme et les filles de la maisonnée. Un rapport que le Congo a soumis à la Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women (CEDAW) le 10 février 1997 mentionne le fait que la femme dans la société traditionnelle est d’abord considérée dans son rôle de mère, d’éducatrice et de dispensatrice de soins. En plus du travail aux champs, la femme est la gardienne des valeurs et traditions et a la charge de tout ce qui concerne la bonne marche de la maisonnée.

La femme avait un rôle producteur et reproducteur. La contribution des femmes était essentielle dans une économie agraire dont la production se faisait sur une base familiale et générait relativement peu de surplus. Il fallait disposer d’une main-d’œuvre abondante et la contribution des femmes apparaissait essentielle.

Le travail de la femme était important dans la société traditionnelle mais pouvait-elle accéder aux moyens de production, avait-elle le droit de disposer du fruit et plus généralement de l’accès aux ressources ? La terre ne pouvait faire l’objet d’une appropriation privée individuelle. Le droit d’usage d’un sol appartenait à titre collectif à un clan ou à un lignage et ce sont les ainés qui décidaient de l’attribution des lots à cultiver entre ses membres. Les femmes ne pouvaient être propriétaires des champs qu’elles travaillaient, pas plus que les hommes. Mais contrairement aux hommes, elles ne pouvaient en avoir que très rarement le contrôle. Le produit de leur travail revenait à celui (père, oncle maternel, mari) qui avait autorité sur elle mais en pratique, elle pouvait disposer de tout ou d’une partie de sa récolte. Mais la récolte servait tout d’abord à l’alimentation familiale et il fallait en stocker une partie pour les futures semailles.

La maison du couple appartenait en général au mari. A part cela, la femme pouvait être propriétaire de meubles, ses vêtements, ses bijoux, sa production artisanale, les animaux de son élevage, les ustensiles nécessaires à son travail au sein du foyer lui appartenaient en propre. Mais le mari conservait une sorte de droit sur les bénéfices réalisés par l’artisanat ou le commerce de son épouse, surtout lorsqu’il avait contribué à la mise de fonds.

Pour plus d’information voir le document de l’historienne Rosalie Malu MUSWAMBA « Le travail des femmes en République démocratique du Congo: Exploitation ou promesse d’autonomie? » (Mars, 2006)

Sud-Ouest Développement en bref…

La ferme Safari International a été créée en 1997 à Kapulwa (Katanga – RDC):

  • Sur une concession de plus de 200 Ha dont 100 Ha emblavés
  • Cultures privilégiées: manioc, maïs, soya, arachide
  • Besoin de +/- 50 ETP

Champs d'arachides

Cette localité de quelques 3.000 personnes doit faire face à de nombreux défis:

  • Pauvreté: les gens y vivent d’une agriculture de subsistance, ont des rendements agricoles faibles, s’adonnent à une monoculture particulièrement exigeante …
  • Santé: les grossesses précoces sont monnaies courantes, les infrastructures sanitaires quasi inexistantes, la malaria endémique, la médecine traditionnelle peu fiable est constitue le recours privilégié des populations locales …,
  • Education: un taux d’analphabétisme, surtout auprès des femmes, particulièrement élevé
  • Violences: sexuelles et autres surtout dirigées envers les femmes et aggravées par un alcoolisme élevé chez les hommes …
Les femmes de cette communauté particulièrement désireuses de sortir de leur situation de vulnérabilités sociale et économique, se sont alliées avec la ferme Safari International, en demande d’une main d’oeuvre assidue, rigoureuse et minutieuse, pour créer l’ONG Sud-Ouest Développement (SOD) en 1998. 

Les principaux objectifs de SOD sont:

  • La réduction de la pauvreté en changeant l’économie rurale par l’introduction des cultures vivrières, maraîchères et des techniques adaptées
  • L’émancipation socio-économique des femmes en leur permettant l’accès à l’éducation, la formation professionnelle…
  • Le renforcement des capacités d’organisation, de représentation et d’autogestion
  • La mise en pratique et la vulgarisation des méthodes de protection de l’environnement dans les milieux ruraux et péri – urbains (introduction d’alternatives aux brûlis, cultures sur versants, lutte contre la déforestation…)

Les moyens déployés sont:

  • Des prêts en nature (intrants agricoles)
  • L’apport d’une expertise technique
  • La mise à disposition de terres
  • Un partenariat commercial entre les petits paysans et la ferme Safari International pour garantir des débouchés à la production
Champ semencier
Les femmes sont la clé du développement. En concentrant nos efforts sur cette population, nous investissons sur la société toute entière.
Notre ambition est de développer une activité économique pérenne, avec la ferme Safari International, génératrice d’emplois valorisants pour les femmes. Celles-ci pourront alors s’assumer et déployer tout leur potentiel avec l’appui de l’ONG SOD. Elles pourront s’éduquer et entreprendre pour se réaliser, faire prospérer leurs activités, leurs familles et ainsi la collectivité.

Karibu! Bienvenue! Welcome!

Karibuni! Bienvenue sur notre blog.

L’idée de cet espace est de documenter l’évolution d’un projet agricole qui nous passionne. On espère échanger avec vous, aussi nombreux que possible, nos expériences, écueils, succès, bonnes pratiques…et plus encore.

Nous sommes situées (ce projet se conjugue au féminin pluriel) en République Démocratique du Congo, dans le Haut Katanga, dans une petite localité: Kapulwa.

La ferme Safari International est née de la passion d’une femme pour l’agriculture et surtout du constat de l’état pitoyable de notre agriculture, elle a donc fait sienne ce fameux slogan: YES, WE CAN! et nous a toutes entrainer avec elle dans ce projet fantastique.

Voilà, l’aventure bloguesque commence…

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